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Marc Bloch. Les rois thaumaturges. Études sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale particulièrement en Finance et en Angleterre Fascicule 19 des Publications de la Faculté des Lettres de l'Université de Strasbourg. Un vol. Strasbourg, Istra,

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Marc Bloch. Les rois thaumaturges. Études sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale particulièrement en Finance et en Angleterre Fascicule 19 des Publications de la Faculté des Lettres de l'Université de Strasbourg. Un vol. Strasbourg, Istra, Zentgraff revint un peu plus tard à Strasbourg ; il y fut nommé professeur à la Faculté de philosophie, puis à celle de théologie ; il y fit soutenir d'autres thèses, quelques- unes sur des sujets analogues avi précédent : Princeps solo Deo minor ; Rex unclus Dei.

HO GH. N'est-il pas piquant — et. Marc Bloch souligne le fait — qu'un des maîtres de la jeune Université française vienne de reprendre ce sujet de la guérison des écrouelles et de le traiter avec toutes les ressources de l'érudition moderne; au lieu des quelques feuillets de Zentgraff, il nous donne un volume de 55o pages, où le problème est examiné sous tous ses aspects.

I Son livre porte ce beau titre très général : Les rois thaumaturges. Ce titre peut induire en erreur. Marc Bloch se défend de faire un travail de sociologie ou de mythologie comparée. Salomon Reinach, si on lui avait prouvé qu'en touchant les écrouelles, il prenait modèle sur un chef polynésien? Bloch ne veut pas faire une pareille démonstration. Il ne s'attarde pas davantage au caractère sacré de la famille dans laquelle étaient choisis les rois germains.

Ces rois avaient reçu le don de certains miracles : ils faisaient tomber sur le sol altéré la pluie qui mûrissait les moissons : en leur longue chevelure, comme jadis en celle de Samson, résidait une force merveilleuse. Une femme un jour coupa quelques franges du manteau du roi Gontran : elle les mit dans l'eau et fit boire cette eau à son fils que consumait une fièvre quarte, et aussitôt la fièvre tomba. Bloch cite ces faits sans s'arrêter : son vrai sujet est ailleurs, c'est le même que celui qu'a traité Zentgraff.

C'est du toucher des écrouelles qu'il s'agit dans son volume. Mais ce n'est pas seulement en France que les rois ont guéri, dit-on, les misérables affligés de ce mal; les rois d'Angleterre ont eu pareille prétention et cela à l'exclusion des autres souverains : en vain les Habsbourgs 1 et les rois 4.

C'est donc de la France et de l'Angleterre qu'il s'agira dans ce volume, comme l'indique fort bien le sous- titre : il y a là une étude comparée d'une croyance dans les deux royaumes qui conduit à l'étude comparée des institutions des deux pays ou des caractères des deux peuples. Cette étude qui est le sujet propre du volume, M.

Marc Bloch la pousse, armé de tous les documents et avec une grande vigueur. Il a dressé une excellente bibliographie de son sujet où aucun des ouvrages qui y touchent ne lui a échappé. Tous les textes qu'il était possible de trouver ont été cités et commentés.

Bloch ne connaît pas seulement les textes historiques, mais aussi les traités de médecine qui ont essayé d'expliquer le prétendu miracle et sur ce terrain il a été guidé par un frère médecin qu'une mort prématurée a enlevé.

Et toujours chez lui le raisonnement est ingénieux, clair, probant. Il nous a donné un travail très intelligent. II A quelle époque est signalé pour la première fois ce pouvoir guérisseur des écrouelles attribué aux rois de France? On n'en découvre aucune trace ni à l'époque mérovingienne ni à l'époque carolingienne.

Il faut arriver au début du xie siècle pour trouver une allusion 5. Le moine Helgaud, dans une biographie qui est une hagiographie, raconte que le roi Robert, pendant un carême, à la fin de sa vie, visita les sanctuaires fameux de Bourges, Souvigny, Brioude, Saint-Gilles, Castres, Toulouse, Saint-Antonin, Conques et Aurillac.

Dans ce voyage, continue-t-il, il distribua beaucoup de biens aux sanctuaires et sa main s'ouvrit largement pour les pauvres.

En ces terres, il trouva beaucoup d'infirmes et particulièrement des lépreux : mais cet homme de Dieu ne les eut point en horreur, puisqu'il avait lu dans les saintes Ecritures que le Christ avait reçu souvent l'hospitalité sous l'apparence d'un lépreux. Il allait vers eux avec allégresse, leur baisant les mains et louant en tout le Seigneur La vertu divine accorda à cet homme parfait une telle grâce pour guérir les corps que, en touchant de sa très pieuse main les plaies des malades et les marquant du signe de la sainte croix, il leur enlevait toute douleur et maladie.

Mais Robert a-t-il acquis ce pouvoir en sa qualité de roi? Non pas. Robert est un saint1', doué de toutes les vertus chrétiennes, canonisé par la voix publique, puisquà son époque il n'était point encore besoin d'une décision du souverain pontife pour être mis au nombre des saints; et dans quelles circonstances accomplit-il ces prodiges? Dans un pèlerinage fait, au déclin de sa vie, aux sanctuaires les plus vénérés de la Gaule et où les vertus des saints Etienne, Julien, Gilles, Antonin, de sainte Foi, etc.

Mais, et voici le fait difficile à expliquer, il va passer ce don à ses successeurs. Le chroniqueur Guibert de Nogent, au début du xne siècle écrit en parlant de l'arrière-pe lit-fils de Robert, le roi Louis VI le Gros : J'ai vu de mes propres yeux des malades souffrant d écrouelles au cou ou en d'autres parties du corps accourir enfouie pour se faire toucher par lui, loucher auquel il ajoutait un signe de croix. J'étais là tout près de lui et même je le défendais contre toute importunité.

Le roi cependant montrait envers eux sa 6. Mais ces fautes, Guibert les connaissait fort bien. Philippe Ier vivait dans une union doublement adultère avec Bertrade de Montfort et avait été excommunié.

Le roi saint a reçu ce don du miracle : ce don, il l'a transmis à ses successeurs, à condition que ceux-ci soient eux-mêmes des saints et vivent dans la communion de l'Église. L'Angleterre a eu, elle aussi, un roi qui passait pour saint. Guillaume de Malmesbury, dans ÏHistoria Regum, et trois hagiographes ont raconté sa vie et récemment M. Or, tous les documents cités racontent qu'une jeune femme, atteinte au cou d'un mal affreux, d'une enflure répandant une odeur infecte, était allée demander au roi Edouard sa guérison; que celui-ci toucha les parties malades, faisant sur elle plusieurs signes de croix et qu'une semaine après, elle fut entièrement guérie et donna un enfant à son mari.

Ce miracle était alors nouveau en Angleterre; mais Edouard l'aurait accompli déjà à plusieurs reprises alors qu'il vivait en Normandie. Tous ces textes sont postérieurs à la mort du roi saxon; ils ne remontent qu'au début du xiie siècle. Les contemporains d'Edouard croyaient-ils déjà à ce miracle, ainsi que les contemporains de Robert; certainement les Anglais y croyaient vers nao et le roi Henri Ier, comme son contemporain Louis VI, prétendait guérir les écrouelles.

Même la question se posait de savoir à quel titre Edouard accomplissait ce miracle. Et, en dépit de Guillaume, c'est cette dernière opinion qui triompha au temps de Henri II Plantagenet HA CH.

Marc Bloch va suivre l'histoire de chacun des deux rites jusqu'au moment de sa disparition. Son petit-fils Philippe le Bel, qui est un prince profondément religieux, imbu du droit divin des rois, croit au miracle qu'il accomplit, bien qu'il vive en mauvaise intelligence avec le pape.

Le roi comme le prêtre reçoit l'onction sainte : il est revêtu d'un caractère sacerdotal et Philippe VI de Valois ne s'est-il pas fait reconnaître par le pape Clément VI la prérogative de communier sous les deux espèces?

Charles V proclame le miracle dans ses diplômes. Et ces miracles sont invoqués, sous Charles VII et Louis XI, par les ambassadeurs à la cour pontificale pour prouver la légitimité du pouvoir que leurs maîtres revendiquent sur l'Eglise. François Ier touche les écrouelles à des jours fixes, aux grandes fêtes du calendrier liturgique. Quand, prisonnier après Pavie, il prit terre sur le sol de l'Espagne, une foule de scrofuleux se présentèrent devant lui avec espoir d'être guéris par son toucher.

Le miracle continua sous la royauté absolue, à des jours déterminés, indiqués à son de trompe ou par affiches : il se présentait ces jours-là de i ooo à 2 5oo malades. Louis XVI voit encore semblable foule accourir près de lui au lendemain de son sacre. Mais en il dut renoncer à l'exercice du don merveilleux qui rappelait le droit divin. Charles X une dernière fois toucha les écrouelles après son sacre, le 8. L'histoire du toucher des écrouelles en Angleterre est un peu moins longue.

Bloch, en étudiant les comptes de la royauté anglaise, a pu établir des statistiques assez précises. Sous Henri VIII, même après la rupture avec la papauté, le rite continua d'être observé et peut-être encore sous Edouard VI qui était un prince calviniste.

Bloch nous fait assister à la cérémonie. Le miracle royal disparut en en même temps que la race des Stuarts. La cérémonie de la consécration des anneaux magiques remonte au temps d'Edouard II, au début du xive siècle. Le jour du Vendredi Saint, dans la chapelle de son château, le roi faisait dresser la croix de Gneyth, une relique qu'Edouard Ier avait conquise sur les Gallois et qui renfermait une parcelle de la vraie croix.

Vers elle le souverain 9. Ces anneaux dont il faisait cadeau à diverses personnes passaient pour guérir les douleurs musculaires, particulièrement Fépilepsie. On les nommait cramp-rings. A l'origine, ils étaient considérés comme magiques par suite du dépôt sur l'autel, le jour anniversaire du Crucifiement, de la matière précieuse dont ils étaient faits ; mais on finit par attribuer leur pouvoir surnaturel à la force merveilleuse qui émanait du souverain : le roi seul put accomplir le geste du Vendredi Saint.

Bloch les mène de front. La première finit pourtant avant la seconde. Pour la dernière fois il est question des cramp-rings dans le Missel de Marie Tudor où toutes les phases de la cérémonie du Vendredi Saint sont amplement exposées. En France le culte d'un saint s'est mêlé, vers la fin du moyen âge, au miracle royal. Dans une localité du diocèse de Coutances, nommée Nant, se trouvait à l'époque mérovingienne un monastère, où Ion montrait le tombeau d'un pieux abbé, Marcoul Marcul- phus.

L'abbaye fut détruite par les Normands, et les moines émi- grèrent avec les précieuses reliques à Gorbeny, sur les pentes qui descendent du plateau de Graonne.

Ces reliques ne tardèrent pas à accomplir les miracles ordinaires : aveugles qui voient, paraJytiques qui marchent. Mais bientôt le saint se spécialisa : Marcou, par un médiocre à peu près qu'accentue la rime, guérit le mar le mal au cou, c'est-à-dire la scrofule, et, quand le fait fut admis, un grand nombre d'églises prétendirent posséder tel ou tel ossement du saint ou s'en procurèrent même par des moyens illicites, comme le vol. Mais la gloire de saint Marcoul brilla surtout à Gorbeny; elle y attira de nombreux malades qui en rapportèrent des médailles en argent ou en fer-blanc avec l'effigie du saint, et aussi de petites bouteilles contenant de l'eau dans laquelle l'une des reliques avait trempé : ils en frottaient les parties atteintes du mal : quelques-uns allaient jusqu'à la boire.

Or, il arriva qu'à partir de Jean le Bon, le roi de France, en rentrant de Reims à Paris, le surlendemain du sacre, prit l'habitude de s'arrêter à Corbeny et d'y toucher les Dès lors on ne sut plus au juste si le roi guérissait le mal en vertu de l'onction royale de Reims ou en vertu d'un pouvoir reçu du saint guérisseur.

Les chanoines de Reims soutenaient la première thèse, les abbés de Gorbeny la seconde et il y eut entre eux d'amusantes controverses, tandis que la foule acceptait l'une et l'autre croyance sans chercher à les concilier.

Les septièmes fils furent promus aussi à la dignité de guérisseurs des écrouelles, De temps immémorial au chiffre sept était attaché un caractère magique et le septième fils, venu au monde sans intercalation de filles, passa pour doué de propriétés merveilleuses : il est réputé sourcier ou guérisseur, et cela dans tous les pays de l'Europe et même dans quelques-uns hors d'Europe.

Aux exemples nombreux réunis par M. Bloch, nous pouvons en ajouter un autre. Dans le théâtre en dialecte tyrolien, une pièce intitulée : der sibente Bueb a aujourd'hui le plus vif succès.

Les légendes ainsi se croisent et se pénètrent. V Nous avons résumé, d'une façon bien imparfaite, le volume de M.

Marc Bloch; mais que d'autres faits curieux on y cueille, soit au cours de l'ouvrage, soit dans les cinq appendices de la fin. Lisez l'appendice III où sont étudiés les débuts de l'onction royale et du sacre dans les divers pays, à Byzance, dans le royaume wisigothique, dans le royaume franc, en Angleterre ; contrairement à la théorie de Brunner, M. Bloch montre que l'onction royale n'a pas été importée d'Angleterre par saint Boniface, lors du sacre de Pépin en y5i ; le sacre n'apparaît de l'autre côté de la Manche qu'en Et, dans le volume, abondent les réflexions générales sur le caractère sacré de la royauté,

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Les Rois thaumaturges

Texte intégral 1. Marc Blogh. Les rois thaumaturges, étude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale, particulièrement en France et en Angleterre. Strasbourg et Paris, librairie Istra, Les anciens médecins distinguaient mal les diverses affections des ganglions lymphatiques et le langage populaire traitait volontiers d'écrouelles des inflammations qui n'étaient ni ganglionnaires ni tuberculeuses. Ainsi, il ne faut chercher aucune précision pathologique dans les textes qui concernent le toucher des écrouelles. Bloch admet par hypothèse que l'origine du toucher miraculeux remonte à Robert le Pieux : selon Helgaud, ce roi passait pour guérir les malades par l'imposition des mains ; ses successeurs auraient hérité cette vertu miraculeuse, en même temps que l'efficacité s'en serait spécialisée p.

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